Le Ministère des Ressources Minières, Energétiques, de l'Industrie, du Commerce et du Tourisme a organisé à Bujumbura du 21-23/01/2026, un atelier de validation de la Stratégie Nationale de Promotion et de Développement du Commence des services au Burundi avec la participation des parties prenantes.
L’atelier est en lien avec une des composantes du Projet de Facilitation du Commerce et Intégration dans la région des Grands Lacs (PFCIGL) dédiés à l’amélioration de l’environnement réglementaire pour le commerce transfrontalier, spécifiquement la sous composante « Réforme règlementaire et simplification des procédures pour les Petits Commerçants ».
L' Objectif de Développement du Projet est de « Faciliter les échanges et améliorer la commercialisation des chaînes de valeur sélectionnées, ciblant principalement les petits commerçants, en particulier les femmes, dans les zones frontalières de la région des Grands Lacs».
La mission consiste à appuyer le Gouvernement du Burundi à faire un diagnostic du commerce des services et élaborer une stratégie nationale afin de développer le commerce des services au Burundi.
L'élaboration de la Stratégie Nationale de Promotion et de Développement du Commence des services au Burundi a été confiée au Groupement COMETE-BIFE.
Contenu succinct du rapport
Le rapport provisoire de revue de la stratégie nationale de promotion et de développement du commerce des services au Burundi décrit l' état des lieux du commerce des services avec un accent particulier sur les services prioritaires au Burundi.
Il montre les tendances actuelles des services dans le monde et le benchmark pour le #Burundi.
Le Rapport décrit aussi la Stratégie Nationale de Promotion et de Développement du Commerce des services avec une liste des actions prioritaires en vue de les préparer à la mise en œuvre de la stratégie, les moyens et mécanismes proposés pour sa meilleure mise en œuvre.
Le rapport constate que le Burundi possède un vaste potentiel des services avec plusieurs sources structurelles au niveau de la régulation sectorielle. Le pays a aussi un potentiel touristique naturel très important.
D’après le Rapport, le commerce des services occupe désormais une place prépondérante dans l’économie mondiale, représentant plus de 50 % de la valeur ajoutée globale.
C’est dans ce contexte que le Burundi est devenu membre actif de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et des principales communautés régionales telles que la Communauté de l’Afrique de l’Est (EAC), le COMESA et la ZLECAf. Le pays cherche à rééquilibrer une structure économique encore largement dominée par l’agriculture.
D’après ledit Rapport, le Burundi affiche déjà une contribution du secteur tertiaire de près de 45 % au PIB, bien que la balance commerciale des services demeure déficitaire.
En 2022, les exportations de services s’élevaient à plus de 175 milliards de BIF contre plus de 692 milliards de BIF d’importations. Cela traduit un déficit de 517 milliards de BIF. Ces chiffres confirment à la fois le poids croissant du secteur et la nécessité d’une stratégie structurée pour renforcer la compétitivité des entreprises burundaises et développer des services à forte valeur ajoutée.
Dans son analyse sectorielle, le Rapport met en évidence un écosystème encore fragmenté mais en pleine mutation, soutenu par plusieurs réformes récentes, notamment la loi TVA de 2020 sur les services électroniques et le Plan national de développement 2018–2027.
Le dispositif institutionnel comprend des acteurs clés tels que l’ARCT, la BRB, l’ADB, les ordres professionnels et les universités, qui jouent un rôle déterminant dans la structuration du marché.
Des contraintes, mais également un potentiel et des atouts
Le Rapport souligne une série de contraintes persistantes, notamment une infrastructure numérique et logistique encore insuffisante, un déficit de compétences spécialisées, une coordination institutionnelle limitée, une forte dépendance vis-à-vis du secteur agricole et un accès restreint au financement.
En guise d’exemples de faiblesses au niveau du Commerce des services au Burundi, les consultants qui ont réalisé la mission, mentionnent notamment la fracture numérique, l’absence de la flotte aérienne et la dépendance des Corridors régionaux, un accès limité aux financements , la faiblesse de capacités en entreprenariat, l’absence des certification/normalisation de qualité, un cadre juridique encore incomplet pour certains services et la difficulté d’accès au financement.
Malgré ces contraintes, le Burundi possède un potentiel de nature à les contourner. En effet, le pays a un vaste potentiel des services avec plusieurs sources structurelles au niveau de la régulation sectorielle. Le pays a aussi un potentiel touristique naturel très important. L’intégration régionale est, elle-même, considérée comme un potentiel très élevé notamment pour les services numériques.
Le pays a également un tissu de Petites et Moyennes Entreprises(PME) dynamiques, une expansion rapide du mobile et de la fibre optique, en plus de son intégration régionale de plus en plus porteuse. Ces éléments ouvrent la voie à l’émergence de nouveaux services dans des domaines tels que l’outsourcing/externalisation, la technologie financière(pour améliorer ou automatiser les services financiers) et le tourisme durable.
Dans un contexte mondial marqué par l’essor des services à forte valeur ajoutée, le Burundi a l’opportunité d’amorcer une transformation structurelle en s’inspirant des réussites de certains pays
qui démontrent qu’une économie de petite taille peut devenir compétitive sur les marchés internationaux en misant sur le capital humain, la qualité et la connectivité.
Pour le Burundi, les services numériques, éducatifs, de santé et financiers représentent ainsi des leviers essentiels de diversification économique, de création des pôles technologiques et notamment de développement de l’écotourisme et d’emplois qualifiés pour une jeunesse urbaine diplômée en pleine expansion.
Ce que Propose la Stratégie nationale de promotion et de développement des services
Cette stratégie propose de faire du Burundi un pôle régional compétitif, agile, connecté et innovant. Elle repose sur une approche intégrée combinant digitalisation, amélioration de la qualité, renforcement des capacités humaines et institutionnelles, l’accès à un financement adapté et la promotion de l’intelligence économique.
Le rapport considère qu’une telle vision positionnera le pays dans les chaînes de valeur régionales et internationales, tout en créant des emplois qualifiés et en stimulant la croissance inclusive.
Des préalables pour une mise en œuvre de la stratégie
Il faut d’abord asseoir une gouvernance participative et inclusive. Un Conseil national pour des services (CNS) sera institué sous la supervision de la Primature, avec un secrétariat exécutif technique chargé de la coordination opérationnelle. Ce dispositif sera appuyé par des plans d’action annuels et un cadre institutionnel regroupant les ministères concernés, la BRB, l’OBR, l’ADB, les chambres professionnelles et les partenaires techniques et financiers. Cela permettra d’ assurer la cohérence, la redevabilité et la continuité des actions dans le temps.
Pour plus d’impact, la stratégie s’articule autour d’un programme prioritaire à haut impact Transversal (PHIT).
La stratégie constitue une feuille de route pragmatique et ambitieuse, conçue pour repositionner le Burundi dans l’économie régionale des services. Elle combine des réformes structurelles, une gouvernance concertée et des actions ciblées à fort impact pour dynamiser la compétitivité du secteur privé, mobiliser les talents burundais et attirer les investissements régionaux.
Pour bien réussir, la stratégie devra bénéficier de la volonté politique, de la coordination institutionnelle et du soutien des partenaires techniques et financiers.
D’après le rapport, la mise en œuvre adéquate de la stratégie le pays de transformer durablement son potentiel humain et entrepreneurial en moteur de croissance, de crédibilité et d’intégration régionale.
La stratégie miserait notamment sur une priorisation des infrastructures numériques et logistiques ; l’instauration d’un cadre règlementaire notamment en rapport avec la cybernétique pour la protection des données, le développement, des services digitaux, etc.
L'atelier se clôturera après lecture du rapport amélioré par les recommandations des acteurs.